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Réunion publique : Le Dôme 21 février

Jeudi 21 février à 20h30, Le Dôme, place de l'Hôtel de ville, Pontoise

Discours de Didier PeyratBonsoir.

Merci d'être venus si nombreux.

Vous êtes une force, ce soir, mais pas une force brutale ou négative : vous êtes un bouquet de possibilités pour notre ville.

Cette force a émergé depuis plusieurs mois, démentant tous les pronostics.

On avait enterré la gauche à Pontoise. Eh bien la gauche est là, bien là, elle se bat, elle s'est transformée, elle est revenue de ses erreurs, elle s'est rassemblée, et elle répond "présent".

Il y a quelques mois, nous étions des "inconnus", paraît-il.

Eh bien, voilà : les inconnus se sont levés, les inconnus se sont fait connaître. A Pontoise, voyez-vous, les inconnus sont beaucoup plus nombreux que les notables très connus. Les "connus" ont tendance à ne connaître qu’eux : les notables perdent de vue les inconnus.
Mais ce sont 16 000 inconnus qui vont choisir leur conseil municipal, et pas trois cent happy fews !

Je ne sais pas ce qui arrivera les 9 et 16 mars prochains : jusqu'au dernier moment les électeurs sont libres. Mais je sais déjà que Pontoise Ensemble s'est renforcé, alors que le doute est dans la maison d’en face, alors que de l’autre côté de la place, cela s’est effrité...

21 fevrier 2008-3Chers amis,

Ce que nous allons faire demain pour cette ville, c'est ce que nous avons déjà commencé à faire dans cette magnifique campagne.

• Nous allons coller le mot "Pontoise" au mot "Ensemble". Nous détacherons soigneusement la vignette "Inégalités" actuellement collée sur le blason de la ville.
• Nous allons modifier le rapport de la municipalité aux habitants, car nous ne voulons pas prendre le pouvoir à Pontoise : nous voulons le rendre à qui de droit.
• Nous allons changer la ville, mais pour mieux la conserver, telle que nous l'aimons déjà : nous serons en même temps des transformateurs et des gardiens.

Nous sommes présents à cette élection parce que nous avons fait un constat partagé :

- Pontoise se morcelle, s'émiette, se disperse en quartiers trop séparés les uns des autres.
- La ville ne dispose d'aucune politique éducative lisible, cohérente, concertée et d’ampleur suffisante.
- Pontoise est à l'arrière garde des politiques écologiques menées dans l’agglomération et le département. Certaines communes de droite font plus et mieux que notre ville !
- Malgré les engagements solennels pris en 2001, les commerces de proximité déclinent... Pendant que la spéculation immobilière bat son plein, menaçant de chasser les classes moyennes de la ville, bloquant toute mobilité résidentielle.
- La politique culturelle est élitiste, passéiste, superficielle et, axée sur le centre ville, négligente par rapport aux quartiers.

Mais nous sommes candidats, parce que nous avons un projet pour notre ville, et surtout pour ceux qui y vivent.

Nous ne sommes pas candidats, contrairement à d’autres, pour faire semblant, pour faire un tour de piste... Nous sommes là pour gagner. Pour construire une nouvelle majorité municipale et surtout une nouvelle gouvernance à Pontoise. Celle qui conduira avec mesure, avec prudence, avec concertation, un changement sans dogmatisme : une gouvernance orientée vers la solidarité et le respect.

Notre horizon à nous, ce n’est pas 2012... Pontoise Ensemble est une coalition de partis et d’individus qui n’a pas pour fonction de construire une formation politique, en utilisant le débat électoral comme prétexte. Notre horizon à nous, c’est : 2008-2014.

Alors projetons nous sur cet horizon.

En 2014, je vous le promets parce que c’est possible avec vous, nous aurons cassé les dynamiques centripètes qui écartèlent Pontoise, qui font des Larris, des Maradas, du Chou et de Marcouville des quartiers mis à l’écart, qui se tournent petit à petit vers d’autres communes.

Nous aurons créé des dynamiques centrifuges, des dynamiques civiles, des dynamiques vertueuses non seulement entre le centre et les quartiers, mais aussi pour les quartiers entre eux...
Une très belle exposition d’art aura eu lieu... A Marcouville, dans la maison de quartier, et toute l’agglomération, tout Pontoise y sera venu. La "4 voies" ne sera plus cette césure, cette frontière, cette blessure infligée à ceux "de l’autre côté"...

En 2014, je vous le dis car nous pouvons le faire ensemble, nous aurons fait reculer l’échec scolaire à Pontoise.

Parce que la ville, oui, peut impulser de nombreuses initiatives, avec l’appui de l’agglomération et du conseil régional, en concertation avec l’éducation nationale, pour placer nos enfants, quelle que soit leur origine, leur quartier, la situation sociale de leurs parents,au cœur de la Cité.
En créant un vrai service public municipal de l’aide aux devoirs, appuyé sur les associations.
En créant des "ateliers relais" pou les adolescents déscolarisés...
En créant un "club des parents", pour soutenir les parents en difficulté avec leurs enfants. Il ne s’agit pas de stigmatiser, de montrer du doigt, de condamner mais d’aider, de soutenir d’accompagner en prenant en compte la crise de la parentalité qui affecte certaines familles.

Tout cela, et bien d’autres choses encore,dans le cadre d’un Projet éducatif de Ville, élaboré et mis en œuvre avec le concours de tous les acteurs de la communauté éducative de Pontoise.

En 2014, je vous l’assure car c’est à notre portée, Pontoise aura tourné la page du mépris de l’écologie et du développement durable...

Nous aurons défini ensemble un "Pacte pour l’Ecologie Citoyenne".
Nous aurons fait la chasse aux gaspillages énergétiques, y compris dans les équipements et la flotte automobile municipale.
Nous aurons fait la guerre aux nuisances sonores, à la publicité envahissante qui défigure les entrées de ville (jusque dans le centre).
Nous nous serons inscrits, résolument et pas du bout des lèvres, dans "L’agenda 21" impulsé par la Communauté d’agglomération : circulation douce, lutte contre les gaz à effet de serre...
Et la "Maison de l’écologie et de l’environnement durable", ouverte, sera devenue un foyer d’expériences et de bonnes pratiques, de connaissances et d’éducation aux comportements respectueux de l’environnement, connu dans tout le département.
Pontoise sera une "Eco-ville".

En 2014, nous aurons enrayé le déclin du commerce local, cette spirale descendante qui mène tout droit Pontoise à devenir une ville dortoir.

Des pôles de commerces de proximité renaîtront, grâce aux micro crédits, au dynamisme des jeunes de ces quartiers, à Marcouville, aux Larris et ailleurs... Aidés et soutenus par une municipalité attentive aux besoin de reconnaissance de la jeunesse.
Pontoise aura développé une plate-forme ultramoderne d’accès à Internet, outil au service des entrepreneurs, des commerçants, des étudiants, mais aussi des écoles et des collèges. Un centre Internet qui incitera nos étudiants à re-fréquenter Pontoise, au lieu d’aller chercher ailleurs ce qu’ils ne trouvent pas ici.

En 2014, nous aurons, à l’aide d’une vraie police de proximité - celle-là même que Nicolas Sarkozy avait détruite, avec l’appui de Philippe Houillon, et qu’il fait mine aujourd’hui de rétablir - recréé un climat de confiance à Pontoise.

Je ne serai pas, moi, systématiquement absent aux réunions du Conseil Local de Sécurité et de Prévention de la délinquance de Cergy-Pontoise.
L’insécurité mine le lien social, fragilise le vivre ensemble, s’attaque aux personnes vulnérables, elle fait fuir les commerces, ou les ferme : nous voulons la combattre, mais avec l’aide de tous, jeunes, parents, habitants, commerçants, pas avec des gadgets - brigade équestre ou réseau de caméras hors de prix -. En l’adossant à une politique de la civilité et du respect. Et nous jouerons la transparence avec la création d’un conseil de la sécurité à Pontoise. Fini le miracle des chiffres toujours positifs... A la veille des échéances électorales !

Dans six ans, je vous l’assure, on viendra de toute l'Ile-de-France pour assister au carnaval de Pontoise...

21 fevrier 2008-4Carnaval de tous les quartiers, de toutes les identités, de toutes les fiertés, de tous les âges et de tous les arts…
Carnaval des communautés réconciliées, convergeant autour d’un "faire ensemble",
Carnaval du désir d’être soi-même au milieu des autres, dans une ville qui montre sa force en exposant sa diversité.
Carnaval qui ne vaudra pas que par le spectacle final, mais par des semaines de travail en amont, semaines de découvertes, de rencontres, d’apprentissages et de brassage.

En 2014, la démocratie aura progressé et se sera approfondie à Pontoise.

Pas seulement parce que son maire sera disponible, sans aucun autre mandat.

Le Conseil municipal sera valorisé, mieux préparé, mieux connu, l’opposition sera enfin reconnue, chacun pouvant apporter sa compétence et son intelligence à la mise en œuvre du programme adopté par la majorité des Pontoisiens. Priorité à l’intérêt général, pas au sectarisme.
Et surtout : nous aurons créé, sur toute la durée du mandat, avec prudence et détermination, un réseau de nouvelles institutions démocratiques, les conseils de quartiers qui font cruellement défaut dans notre ville.
Nous disons ce que nous voulons mais nous entendons aussi le message de ceux qui ne croient plus aux promesses, aux bonnes paroles… Alors, nous, nous fournissons, avec le programme, la clef du contrôle de son application, de la vigilance citoyenne...La clef d’une démocratie vivante, permanente et éclairée.
En 2014, oui, nous aurons mis fin au splendide isolement de l’Hôtel de ville et du conseil municipal.

Chers amis,

Préférez un maire qui ne prend pas de haut les "inconnus".
Faites même l’inverse : prenez un maire, et une équipe municipale qui ouvre les portes, et qui invite les inconnus à rentrer dans l’Hôtel de vile, dans l’Hôtel de leur ville.
Non, Monsieur Houillon, ce ne sera pas les soviets : juste l’application d’une disposition légale, juste ce petit quelque chose qui vous échappe depuis 7 ans : ce sera la démocratie locale, la démocratie municipale, la démocratie citoyenne qui retrouve ses appartements, qui vient habiter chez elle.

Deux projets s’affrontent, se confrontent pour notre ville…
A la fin, le 16 mars, il faudra bien choisir entre ces deux projets
.

Ce sera :
- soit le verrouillage, la muséification, le blocage sur une identité passéiste, l’Hôtel de ville réservé à un club d’initiés...
- soit l’ouverture, la solidarité, la construction d’un nouveau vivre ensemble à Pontoise.

Nous voulons une ville qui, en même temps qu’elle renoue avec sa jeunesse, se monte capable de réhabiliter ses aînés, qui fortifie le lien intergénérationnel. Nous créerons le conseil des anciens. Parce que les jeunes ont besoin d’entrer en contact avec la mémoire, et les anciens ont besoin d’entrer en contact avec la vitalité de la jeunesse.

Mais le 16 mars se prépare et se dessine le 9 mars.

Dés le premier tour il nous faut faire ce choix entre deux villes, deux avenirs, deux types de valeurs pour guider, orienter l’action municipale.

21 fevrier 2008-2Le but d’un scrutin, ce n’est pas de montrer qu’on existe. L’élection n’est pas un prétexte, mais un dilemme à trancher.
Il s’agit de construire une majorité municipale qui devra conduire la ville, avec une équipe homogène, soudée par le travail collectif préalable à l’élection, et claire sur ses valeurs.
Il n’y a pas de place pour le flou, l’indécision, la confusion.

• La spéculation immobilière, on ne peut pas la freiner, et développer une offre de logements intermédiaires... Si par ailleurs on est favorable à l’ultralibéralisme, à la dérégulation, si on ne se montre pas exigeants vis-à-vis des promoteurs.
• Régler l’immense problème, qui empoisonne la vie de trop nombreux parents à Pontoise, posé par l’absence de système efficace de garde des petits enfants… c’est difficile quand par ailleurs on pense qu’en dernière analyse la place des femmes est à la maison… et pas au travail !
• Créer et dynamiser les équipements publics dans les quartiers,… c’est compliqué quand par ailleurs on adhère au programme de l’UMP qui organise le déclin du service public, qui dénigre le travail des fonctionnaires, qui veut faire "maigrir" l’Etat !

Oui, ce sont aussi des valeurs qui se confrontent, et entre lesquelles il faudra choisir, dés le 9 mars. Car les valeurs sont les repères qui guideront nos pas, ensuite, dans l’action municipale au quotidien.

Oui, bien sûr, ce scrutin intervient dans des dizaines de milliers de communes en France, il est donc local et national.
Et probablement les Français, à Pontoise comme ailleurs, l’utiliseront également pour envoyer un message u gouvernement, à la majorité UMP, au Président...

Ils ont raison de s’apprêter à dire tout le mal qu’ils pensent de la politique spectacle, des comportements de nouveaux riches au sommet de l’Etat, de l’argent fou et roi, de la laïcité ridiculisée par ceux qui en ont la garde… et des tapis brodés déroulés sous les bottines fourrées de monsieur Kadhafi...

Oui nous avons besoin de contre-pouvoirs face à un système qui voudrait tout verrouiller : nous avons besoin de municipalités de gauche.

Alors, cette droite "très à droite", il faudra la battre à Paris, à Marseille, à Cergy et à Pontoise. Il existe un moyen très simple et efficace : voter à gauche dès le 9 mars.

Mais, chers amis, ici à Pontoise, ne perdons pas de vue l’enjeu particulier de cette élection.

Voyez-vous, je le dis depuis le début de ma campagne : ce qui compte le plus, ce sont les gens, pas les étiquettes.

La vie est belle, mais elle est aussi cruelle.
L’existence nous bouscule entre des joies magnifiques… Et des peines terribles.

C’est bien pourquoi il ne faut pas y ajouter le mépris des autres.

La maladie, la perte des êtres chers, la conscience de nos limites et de nos imperfections... Ça, c’est inévitable...
Mais le mépris, ça, ce n’est pas obligatoire.
Le mépris, c’est ce qui vient en trop dans l’existence des gens.

Nous, ce que nous avons à ajouter, c’est le respect, le respect mutuel.

21 fevrier 2008-1Le mépris nous alourdit, nous paralyse, nous pétrifie.
Le respect, c’est ce qui nous allège, ce qui nous libère, ce qui cicatrise les blessures de la vie. C’est le seul contre-feu contre le malheur.

Le mépris est un isolateur.
Le respect est ce qui permet le vivre ensemble.

Moi, je me sens de gauche depuis 1973. Je ne cache pas mes appartenances, je les assume.
J’avais 17 ans, et j’ai choisi ma famille d’idées. Une bonne fois pour toutes. C’était dans le Nord. J’avais rencontré quelqu’un qui venait d’un tout autre milieu social que moi, et cette rencontre m’a ouvert les yeux sur la misère du monde. "Une fois qu’on a ouvert les yeux, on ne peut plus les fermer."

Depuis, cette famille vaste et diverse, la gauche, même dans la tourmente, la défaite, les querelles intestines, même quand elle m’exaspère, même quand je ne suis pas d’accord, j’y reste fidèle.

"Lutter contre les effets des inégalités naturelles, supprimer ou du moins toujours chercher à réduire les inégalités sociales."

Là est le roc. Sur lequel tous ceux qui croient pouvoir détruire la gauche se cassent les dents depuis toujours.

Alors, bien sûr, le soir du 16 mars, si les journalistes disent : "Pontoise, la gauche gagne." Je serais content, heureux comme vous.

Mais quand même, moi, je resterai songeur, un peu à distance de ce raccourci commode.
Car voyez-vous, je pense autrement, je pense à une autre victoire. Et c’est celle-là qui m’intéresse le plus, qui me mobilise, qui me fait tenir face aux coups et aux coups bas. Une victoire en deux temps...

Dimanche 9 mars, 20h30, première dépêche :
"Le respect est arrivé en tête à Pontoise. Le mépris a reculé."

Dimanche 16 mars, 20h30, deuxième dépêche :
"Victoire. Victoire du respect à Pontoise.
Le mépris, le sectarisme, l’intolérance, la suffisance sortent, l’un après l’autre, de l’Hôtel de ville..."

Chers amis.
Faisons cela ensemble.
Pas pour nous.
Pas pour moi.
Pour tous les Pontoisiens, ceux de tous les quartiers, de tous les âges, de tous les milieux sociaux.
Assurons la défaite du mépris et la victoire du respect.


 
21 fevrier 2008-5 

en présence de
Michel Vampouille, vice-président du conseil régional d'Ile-de-France - Verts

Bernard Calabuig, conseiller général et secrétaire de la fédération du PCF 95

Elisabeth Boyer, secrétaire nationale du PRG, conseillère régionale d'Ile-de-France

Vincent Peillon, député européen PS,
ancien porte-parole de Ségolène Royal à l'élection présidentielle,
fondateur de l'institut Edgar Quinet, structure de réflexion et de formation à la conduite de l’action locale

Liste de coalition civile soutenue par :
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