Depuis six mois, le gouvernement ne se contente pas de mener une politique de droite disons "classique" (priorité fiscale aux riches, favoritisme pro-Medef, défiance à l'égard des services publics, etc.). Sur plusieurs sujets, il innove, va plus loin, comme s'il cherchait à profiter du rapport de force issu des élections de mai juin 2007 pour donner des coups de canifs au consensus républicain, en présentant celui-ci comme un "tabou" dérisoire qui doit sauter...
- Suppression de l'atténuation de peine pour les les mineurs récidivistes: à quoi rime de juger les adolescents comme des adultes, puisqu'on sait qu'ils ne sont pas des adultes ? Or tracer une ligne de partage claire entre l'enfance et l'âge adulte est une nécessité pour une société civilisée. C'est bien à cette frontière que, mine de rien, à l'occasion d'un débat sur la délinquance juvénile, on s'est attaqué.
- Projet de faire juger des personnes déclarées irresponsables par les médecins : qui peut penser qu'une victime se sentira mieux aprés qu'on aura traîné devant elle, dans une audience- spectacle bouffonne, une personne démente ? Les sociétés européennes ont mis des siècles à se dégager de l'ornière du jugement des fous, ce "délire judiciaire" moyennâgeux.
- Et maintenant, c'est le projet débattu à l'assemblée - avec l'article 5 bis rédigé par le député Mariani et voté en première lecture par la majorité UMP - qui préconise des investigations génétiques au prétexte de lutter contre les fraudes à l'immigration. Cela, c'est rien moins que d'accorder à L'Etat la possibilité de s'immiscer au coeur de l'intimité des êtres. C'est franchir une limite civile.